07/07/2015

Espagne

Une nouvelle loi sécuritaire interdisant de filmer la police en action suscite des critiques et révolte les Espagnols !

 

Des manifestants contre la "loi bâillon" à Madrid, le 1er juillet 2015.REUTERS/Juan Medina

loi-baillon_5370063.jpg

♫♪♫ Franco revient, Franco revient ♪♪♫

♫♫♫Du haut des cieux, montre nous le chemin♪♪♫

♫♪♫Toi qui le connais si bien♪♫♪

La "loi bâillon", qui restreint la liberté d'expression dans l'espace public et sur les réseaux sociaux, et encadre strictement les manifestations, est entrée en vigueur le 1er juillet. Il vise à réprimer la contestation populaire.

Les Espagnols l'appellent la "loi bâillon" (ley mordaza). Cette "loi de protection de la sécurité citoyenne", très controversée, est entrée en vigueur le 1er juillet. Elle prévoit notamment des amendes allant jusqu'à 600 000 euros pour certains manifestations non autorisées, jusqu'à 30000 euros pour le "délit de désordre public", et réprime les entraves aux expulsions de familles insolvables de leur logement.

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/espagne-une...

 

20150703X34IJ7_460.jpg

Andres Kudacki / The Associated Press

 MADRID — Il y a trois ans, juste après une manifestation contre l'austérité à l'extérieur de la principale station de métro de Madrid, le vidéaste indépendant Juan Ramon Robles a tourné une vidéo troublante de policiers antiémeute à l'intérieur de la station, qui battaient des gens disant n'avoir aucun lien avec la manifestation.

M. Robles a remporté des prix pour ses images montrant un jeune homme ensanglanté et des passants abasourdis. La vidéo de la station Atocha est devenue virale en Espagne et ailleurs dans le monde.

Mais aujourd'hui, craint le vidéaste, de telles images pourraient ne jamais être diffusées à cause d'une nouvelle loi sur la sécurité publique entrée en vigueur cette semaine.

Une clause de cette loi de grande envergure, que ses opposants ont qualifiée de «loi bâillon», prévoit des amendes allant jusqu'à 30 000 euros (près de 42 000 $) pour l'«utilisation non autorisée» d'images de policiers à l'oeuvre qui pourraient permettre de les identifier, mettre en danger leur sécurité ou entraver l'exercice de leurs fonctions.

La loi dit aussi que le droit du public à l'information doit être respecté. Mais des avocats des médias et des défenseurs de la liberté d'expression soulignent que cette clause controversée est rédigée de façon vague et s'inquiètent de la possibilité que la police s'en serve pour porter des accusations supplémentaires passibles de peines de prison ou pour détruire des images prises par des journalistes de médias reconnus, des journalistes citoyens, des militants ou de simples témoins.

M. Robles pense que si la loi avait été en vigueur lors de l'incident à la station Atocha, il aurait assurément été arrêté par les policiers. Selon lui, la loi leur aurait donné le droit de l'arrêter, et ses images n'auraient probablement jamais été diffusées.

«Cette loi dit que les citoyens ordinaires ont le droit d'enregistrer des images seulement quand le gouvernement les y autorise», a déploré Esteban Beltran, directeur d'Amnistie internationale en Espagne.

Cette loi ne devrait pas poser problème pour la plupart des médias d'information espagnols, qui ont commencé à brouiller le visage des policiers il y a déjà plusieurs décennies, à l'époque où ces images auraient pu faire des forces de l'ordre des cibles du groupe séparatiste ETA, qui a tué 829 personnes, dont plusieurs policiers, dans son mouvement armé réclamant la création d'un État basque.

Victora Lerena, qui préside l'association espagnole des journalistes de l'image, pense que les termes de la loi portant sur la liberté d'information protégeront les journalistes, mais prédit que toute personne qui tenterait de filmer une arrestation menée par la police lors d'une manifestation serait à risque.

Le gouvernement espagnol nie toute volonté de restreindre la libre circulation de l'information, affirmant que la loi vise seulement à protéger le public et les autorités.
http://www.985fm.ca/international/nouvelles/espagne-une-l...

 

10:00 Écrit par Le Photoneur dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.