03/03/2016

Les Coquettes

Humour musical : « Les Coquettes », coquines et glamour

 
     
 

Les Coquettes: Marie Facundo (à gauche), Lola Cès (au centre), Juliette Faucon (à droite). (crédit: Chloe Bonnard)

Quand on découvre Les Coquettes on pense bien sûr aux Andrews sisters, pour leur swing, leurs voix qui s'accordent si bien et l'ambiance cabaret dans laquelle elles nous plongent. Mais là s'arrête la comparaison. Car si ces trois jeunes femmes ont fait le choix, pour leur premier spectacle, de mélodies rétros, elles y ont adjoint des textes coquins et impertinents. Grâce à un rythme cartoonesque, ce trio dégage une gaité communicative.

En ces temps de grande morosité, le côté à la fois joyeux, culotté et glamour de ces trois chanteuses-comédiennes amène une bouffée d'air réconfortante, un bol de fraîcheur irrésistible. Accompagnées d'un pianiste (Cyril Taïeb ou Thomas Cassis), alternant sketchs et chansons, Les Coquettes ont du chien, du pep's et une vision bien à elles du féminisme.

"Bienvenue dans notre boudoir"

vz-187514B3-7511-4210-AD71-F0CF8D45CED6Marie Facundo, la petite brune cash et fonceuse, au débit de mitraillette, est une vraie cheftaine version Louis de Funès. Lola Cès, la rigolote à lunettes, gourmande et pipelette, imite l'accent belge comme personne et sa franchise est comme une deuxième nature. Juliette Faucon, la blonde au teint de porcelaine et au physique de mannequin, a un sourire ravageur et cache derrière son côté fleur bleue une spontanéité déconcertante. Sur scène cela donne: "on est des clichés: la petite hargneuse, la blonde idiote, la "grosse" marrante".

Ces trois trentenaires se sont connues en 2007 sur le conte musical "Le soldat rose" de Louis Chedid. De cette rencontre est née une belle amitié, et l'envie de monter un projet commun. Attablées dans une brasserie de Montparnasse, à deux pas du Grand Point Virgule où elles se produisent, Les Coquettes se racontent avec spontanéité: "Les Coquettes, c'est un esprit, une façon de vivre basée sur la liberté et la rigolade", défend Juliette. "C'est une histoire de copines gourmandes de la vie", complète Lola. "C'est un spectacle écrit à partir de nos discussions, de nos vécus et qui reflète les femmes que nous sommes", ajoute Marie. "Bienvenue dans notre boudoir", résument-elles.

Des femmes bien dans leur peau, féministes mais "soumises quand ça nous arrangent"; modernes mais "toutes en couple depuis longtemps", et qui ont du mal avec "les codes imposés". "On en a parfois assez des tendances promues dans les magazines. On s'est demandé, par exemple, si on était déjà des ringardes du sexe", s'amusent-elles. De là sont nées deux de leurs meilleures chansons, l'une intitulée Mon missionnaire - qui se moquent des cravaches, des menottes et autres anneaux dont elles n'ont que faire - et l'autre, La p'tite fessée du dimanche soir", truculente.

Sur scène comme dans la vie

coquettes-0207 - copieCes trois complices s'affichent sur scène comme dans la vie: elles se chipotent, s'asticotent, se moquent d'elles-mêmes et de leurs congénères minaudeuses. Elles parlent de sexe, de drague mais aussi d'amitié, du temps qui passe (avec l'excellent morceau Quand on sera vieille) et se régalent des mots polysémiques (comme "chatte", par exemple !). Dans une parodie très réussie d'Aserejé (le tube des années 2000 du groupe espagnol Last Ketchup), elles taclent les professionnels qui voudraient les cantonner à l'exercice des reprises.

De Hairspray à Salut les copains, Marie et Lola ont participé à de nombreuses comédies musicales et Juliette s'est frottée à un projet d'album folk  avant de se lancer dans l'aventure des Coquettes avec l'aide de plusieurs compositeurs (Cyril Taïeb, David Scrima, Marc Pinon, Simon Autain) côtoyés au fil de leurs expériences professionnelles. Elles écrivent les textes, se mettent en scène et, en mai 2014,  jouent quarante minutes dans un bar de Pigalle "pour les amis et la famille". Puis elles enchaînent pour quelques dates au Ciné XIII théâtre et sont repérées par le producteur Jean-Marc Dumontet. Ce dernier leur propose d'assurer la première partie de Bérangère Krief à l'Olympia et d'Alex Lutz à Bobino avant de les programmer au Grand Point Virgule.

Mais, au fait, pourquoi s'appeler les Coquettes: "C'est évident, non !", lancent-elles dans un grand et franc éclat de rire, "on l'est vraiment !"  

Sandrine Blanchard

10:00 Écrit par Le Photoneur dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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