19/12/2016

Viva for Life

Le combat contre la pauvreté  est le devoir – et l'un des plus importants – des autorités publiques ! Que fait donc notre gouvernement. Il préfère voir les pauvres gens ouvrir leur portefeuilles pour de plus pauvre qu'eux. Il laisse des associations collaborer (de gré ou de force) à ce cirque indécent, contraintes de faire appel à la charité par leur manque de moyens.

Les bons sentiments ne peuvent rien contre la mauvaise politique de notre cher gouvernement. La pauvreté et la précarité sont en pleine expansion dans notre pays. Cela n'est pas du à la crise mais à des inégalités sociales croissantes créées et entretenues par la politique désastreuse, dite d'austérité, de Michel et des ses sbires d'extrême droite. Face aux enfants et aux parents vivant sous le seul de pauvreté, il y a tous ceux qui vivent au-dessus du seuil de la richesse et qui ne sont jamais mis à contribution.

Les médias doivent faire le lien entre les mesures politiques et l'accroissement de la précarité. D'expliquer que ces bébés pauvres qu'on prétend aider – ou surtout pousser d'autres à les aider – sont les enfants de parents pauvres, de travailleurs aux salaires bloqués, dégraissés (de leur emploi) puis dégraissés (de leur allocation de chômage) ; des « isolés » empêchés de sortir la tête hors de l'eau en essayant de diminuer certaines charges par la colocation, qui les ferait chuter au statut de cohabitant, avec réduction de revenus à la clé ; des mères seules contraintes à courir d'un boulot sous-payé à une crèche où il n'y a plus de place ; et tous ces « assistés » qu'on ne cesse de fustiger en étranglant financièrement les institutions censées leur venir en aide : demandez donc aux CPAS !

Quant à celles et ceux qui se révoltent, quelle horreur ! On ne peut pas d'un côté verser des larmes de crocodile sur les « bébés pauvres » et de l'autre, répéter qu'il n'y a qu'une seule politique possible, pointer du doigt ces grévistes « preneurs d'otage » ou ces syndicalistes pourtant bien sages toujours soupçonnés de refuser d'évoluer avec le monde... ce monde qui justement, entretient la misère !

RTBF qui oublie  son rôle de service public pour un grand numéro de « charity show » qui se situe, lui, très en deça du seuil de la décence.

 

 

http://www.lalibre.be/debats/opinions/viva-for-life-bons-sentiments-et-mauvaises-politiques-52b1701d3570105ef7d6e447

 

 

La pauvreté progresse dans notre pays. Pourquoi? Avec quelles conséquences? Christine Mahy, secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, a répondu aux questions des internautes.

Dans notre pays, la précarité gagne de plus en plus de terrain. La pauvreté ne touche plus seulement les plus fragiles de la société, mais aussi la classe moyenne. Malgré leur travail, de plus en plus de personnes ont du mal à joindre les deux bouts.

Pourquoi cette avancée de la pauvreté? Quelles en sont les conséquences? Que font les associations sur le terrain? Et que peut-on faire à titre individuel?

Non, Viva for life ne sortira pas les enfants de la pauvreté car Viva for life n'améliorera pas les conditions d'existence des ménages...
Oui, seules des polit...iques structurelles qui s'engagent pour réduire les inégalités et ainsi faire disparaître la pauvreté peuvent obtenir ce résultat.
Oui, il est possible de la réaliser dans un pays riche au sein duquel une fiscalité juste permettrait de rencontrer tous les besoins.

La charité est une réponse indigne à une situation créée de toute pièce par des choix et décisions politiques, et ensuite par l'incurie politique incapable de réparer son allégeance au capitalisme et au néo-libéralisme.

Ce 17 décembre 2016, jour du lancement de l'opération "cache sexe" de la lutte contre la pauvreté 'Viva for life", opération bonne conscience pour ceux qui veulent bien y croire, infâmie du politique qui remettra un chèque alors qu'il ne met pas la réduction des inégalités au coeur de toutes les politiques publiques et/ou qu'il appauvrit délibérément une part importante de la population, je rends hommage à l'ensemble des personnes et acteurs qui se battent Politiquement contre les causes structurelles qui engendrent la pauvreté : combat pour une fiscalité juste et bien utilisée qui peut éliminer la pauvreté en un temps reccords ; combat pour des politiques de travail, revenu, santé, justice, logement, enseignement, culture, environnement, mobilité, accueil de l'Autre ... accessibles, partagées, par et pour tous ; combat pour le bien commun ; combat pour un soutien aux services publics pour tous les citoyens ; combat pour une sécurité sociale améliorée et modernisée en faveur de la population ; combat pour un soutien structurel digne de ce nom pour l'associatif.

Contraindre l'associatif à l'aumone en passant par une telle opération est indigne d'une démocratie de droit. Bernard de Vos dit à l'envi depuis des années "aucun droit de l'enfant ne résiste à l'épreuve de la pauvreté"... j'ajoute aujourd'hui qu'aucun droit de l'homme ne résiste à l'épreuve de la pauvreté chez nous. Des décisions politiques plus appauvrissantes les unes que les autres sont décidées depuis plusieurs années : allégeances à la privatisation et au néo-libéralisme qui maintenant ont la main, et incurie de ceux qui voudraient reprendre la main ; appauvrissement des populations par le déstructuration du travail ; appauvrissement des populations par les revenus qu'ils soient du travail, de la pension, du chômage, des allocations sociales ; appauvrissement des populations en attaquant l'accès à la santé (maisons médicales, prix des médicaments, etc.)...
Et que dire de la loi du marché qui privatise des biens de première nécessité... l'énergie, l'eau pour ne prendre que ces 2 exemples. Et que dire des banques qui font peser leurs vols sur les populations ... Et que dire de l'évasion fiscale et de la fraude fiscale ...

Il y aurait tellement de manière rapide de diminuer réellement la pauvreté des familles et donc des enfants : des revenus au-dessus du seuil de pauvreté dans tous les ménages... et bien au-delà du seuil de pauvreté, un travail correctement rémunéré et respectueux des gens, des logements corrects avec des loyers payables, l'eau et l'énergie à des prix plancher considérant que ce sont des biens vitaux indispensables, un enseignement gratuit et de la réussite avec tous, un accès à la santé digne de ce nom, un service public de la mobilité qui permette l'accès financier à tous, une sécurité sociale forte qui devrait faire la fierté d'un peuple...

Alors quand je vois le rachat de son image comme banque ou opérateur d'énergie en participant à Viva for Life, le dégoût est palpable. Quand je vois des journalistes jouant aux héros affamés pour faire saigner les coeurs et ouvrir le portefeuille, ça me met en colère. Quand j'entends que d'aucun me dise "mais comme cela on parle enfin de cette réalité et ça conscientise"... je désespère de la mission journalistique... faut-il que les gens crèvent pour qu'on en parle ? Faut-il qu'on soit dans le jeu du charitable sauvetage pour que les médias s'emparent sérieusement des questions des gens ?
Si le politique est sourd et aveugle face à la détresse du peuple, on doit se demander si les médias y sont sourds ou si ils en organisent le sujet en fonction de coups médiatiques, d'audimat, d'images rachetées aussi...

Si Viva for life touche des coeurs, l'opération contribue aussi à l'enfumage... Les Médias contribuent aussi à travers leur pouvoir médiatique au jour difficile que nous risquons de vivre, ... car quand le peuple n'est plus entendu dans son quotidien...

Je termine en citant Bourdieux qui disait ceci en 1993 : « Les dominants sous-estiment presque inévitablement la lucidité des dominés. Et il faudra quelque grand cataclysme politique - ce que les commentateurs appellent un « raz de marée électoral » - pour que les dirigeants qui se sentent mandatés pour l'éclairer et l'animer viennent à découvrir que la « base » n'ignore nullement que, loin d'exprimer ses vues, ses voeux, ses volontés, ils lui imposent leur vision et surtout leurs divisions ; et que, aveuglés par les passions et les intérêts liés à leurs pouvoirs et à la concurrence pour les conserver et les augmenter, quand ils ne sont pas tout simplement enfermés dans leur certitude technocratique, ils ignorent l'impitoyable vision des militants invisibles. »

 

 

 

16:49 Écrit par Le Photoneur dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Bonjour, je suis entièrement de votre avis.
Le plus triste c'est que tout se passe toujours dans l'indifférence générale
Dans l'actualité on parle beaucoup ces temps-ci de l’affaire du Kazakhgate
en 2012 j'avais été scandalisée par l'indifférence générale à propos de la circulaire élargissant le principe des règlements à l'amiable dans les affaires pénales.
.http://hbron1.skynetblogs.be/archive/2012/06/09/les-criminels-riches-peuent-racheter-leur-proces-et-garder.html
2011-2012 .....> 2017 ????
Plus tard, je me souviens de cette image d'un ministre interviewé dans sa voiture, pensant faire la suite de l'interview à l'intérieur d'un restaurant près duquel était assis un SDF,
Lui de s'inquiéter de prendre son superbe et riche manteau de peur d'avoir froid car l'interview devait se poursuivre dehors et quelques instants plus tard le même, interrogé sur le sort du SDF, dire "qu'il y a pire ailleurs"
Le ministre était chef socialiste (le premier des premiers) ... cela devrait faire réfléchir .

Écrit par : hbron | `2016-12-29 à 11.46:38`

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