28/09/2017

Theo, Maximilien et les Soudanais…

 https://medium.com/@brunolanghendries/theo-maximilien-et-les-soudanais-2d76282e715a

J’ai pris la plume. C’est un peu long.

Mais j’en avais besoin.

 

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Theo Francken, c’est notre secrétaire d’Etat à l’asile et aux migrations depuis 3 ans. Toute personne un tant soit peu sensible à l’accueil des migrants et au respect des droits fondamentaux avait de quoi être inquiète à son arrivée en octobre 2014. L’homme n’est pas recommandé pour ses prises de position humanistes, quand il n’est pas pointé du doigt pour avoir fricoté avec des anciens collabos et sympathisants du IIIe Reich (#BobMaes). Grand blond au crâne rasé, les mauvaises langues diront qu’il n’a pas particulièrement la tête du gars qui joue du djembé à Esperanzah. Mais nous écarterons ces jugements au faciès, plus proches des systèmes de contrôle sécuritaire qu’il cherche à mettre en place. Nous allons y venir. 002.JPG

 

Cela dit, jusqu’ici, dans les actes, il allait finalement dans la même direction que ses prédécesseurs (Maggie et consorts) : compliquer davantage l’accès au séjour, que ce soit sur les questions d’asile, de regroupement familial ou de séjour humanitaire. C’est triste, mais on n’était pas étonné, vu le pedigree du bonhomme.

 

Une certaine prise de parole décomplexée a ensuite paraphrasé son travail, lui donnant une dimension carrément inquiétante. Au-delà de l’approche conservatrice et sécuritaire, corollaire du programme du parti politique qu’il représente, une logorrhée carrément totalitaire a pris de plus en plus d’ampleur dans son discours, en particulier sur les réseaux sociaux. On se souvient de l’audacieuse attaque sur Twitter envers MSF, qu’il accusait de collaborer avec les passeurs, l’ONG internationale se rendant coupable à ses yeux de complicité de traite des êtres humains. On a cru rêver. On s’est dit que l’homme avait forcé sur la coke. Mais bon, il est ensuite revenu en arrière en invitant les patrons de MSF à dialoguer.

 

001.JPGIl y a quelques jours, il a twitté (qu’est-ce qu’il aime twitter Theo) : « Ce matin, 14 personnes ont été arrêtées dans le parc Maximilien et 9 personnes à la gare du Nord dont 3 déclarées mineures. » (traduction du journal Le Soir), accompagné de #opkuisen (#nettoyer). En bref, il se félicitait d’avoir arrêté des personnes qui s’apprêtaient à solliciter l’asile en Belgique avant même que les autorités aient pu examiner leurs demandes, en se félicitant d’avoir « nettoyé » ce magnifique parc qui jouxte la gare du Nord. Là aussi, critiqué sur la Toile, il a fait un pas de côté, reconnaissant que son vocabulaire avait été « inadéquat ». On s’amusera au passage de la figure d’atténuation qui est carrément mythique.

 

De toute façon, il fait toujours ça Theo. Il balance des horreurs et reconnaît que, sur la forme, ce n’est pas adéquat. Sur le fond, personne au gouvernement ne se prononce. Des carpes.

Francken applaudit Bob Maes Pendant sa jeunesse, Bob Maes est membre de la Jeunesse national-socialiste de Flandre puis rejoint, pendant la Deuxième Guerre mondiale, la Ligue nationale flamande (VNV), organisation qui collabore avec les nazis.003.JPG

 

 

Cette semaine, cependant, on a atteint un nouveau cap. Un moment-clé où les actes se joignent à la parole, dans un choc détonnant. Et particulièrement immonde.

 

Une délégation mandatée par le gouvernement soudanais a été invitée à identifier des migrants dans le Parc Maximilien. Un spécialiste du Proche-Orient a affirmé que cette délégation était composée d’agents des services secrets soudanais. Si c’est vrai, c’est très grave. Mais même si ce n’est pas exact, construire sa politique d’asile en partenariat avec le gouvernement soudanais, c’est de toute façon absolument condamnable.

 

Pour rappel, le Soudan est un pays qui est toujours gouverné par Omar El-Béchir, accusé par la Cour pénale internationale d’avoir commis des crimes de génocide, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. En 2016 et en 2017,selon Amnesty, les forces gouvernementales ont bombardé des civils et des biens à caractère civil, tué illégalement des hommes, des femmes et des enfants, enlevé et violé des femmes, déplacé de force des civils, pillé et détruit des villages entiers (source www.amnesty.org).

 

Theo francken a donc invité en Belgique un gouvernement génocidaire, l’un des plus atroces au monde, à identifier des personnes qui veulent demander l’asile dans notre pays, mettant ainsi en danger les proches, les familles de ces personnes restées au pays.

 

Si le Secrétaire d’Etat a pu considérer que le travail de sauvetage en mer réalisé par MSF contribuait à alimenter la traite, la société civile belge et la communauté internationale ne serait-elle pas en mesure de lui demander des comptes pour contribution aux crimes de guerre et de génocide commis au Soudan ?

Jusqu’où allons-nous aller ?
Quelle est notre degré de tolérance comme citoyen ?
Quelle est la capacité des Belges à accepter que cela soit fait en leur nom ? Réalisons-nous simplement que ces actes politiques sont profondément illégaux ? Que laisser faire, c’est être d’accord ?
Que cela revient à soutenir cette politique ?

Cela me semble aller bien au-delà des traditionnels clivages gauche-droite, haut-bas, etc… Il s’agit d’une question de pure citoyenneté.

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Le Président de la N-VA en compagnie de Lepenne.

 

 

Bruno Langhendries
Sep 20/2017

 

09:08 Écrit par Le Photoneur dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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